H.R. Giger et Alien

L’originalité d’Alien, c’est d’abord une esthétique très spécifique, celle de l’artiste suisse Hans Ruedi Giger, que Ridley Scott est allé chercher après avoir vu son artbook, Necronomicon. Son esthétique ne ressemble ni au « cheap » des films de série Z ni à l’horreur psychologique de Kubrick. Elle reconnecte avec Howard Phillips Lovecraft, avec les fantasmes du début du siècle.

Marc Attalah, lemonde.fr

Avec la créature d’Alien, on est dans un mix de plusieurs monstres du cinéma. Au début on ne la voit pas, elle a un caractère lovecraftien : comme ses monstres, ses « Grands Anciens », ils sont indicibles et irreprésentables. Ils sont uniquement évoqués par un monde qui se délite, des couleurs qu’un spectrographe ne peut percevoir.

On le retrouve dans le premier Alien, avec l’idée qu’on ne sait pas très bien ce qui se passe. Si on regarde le premier artbook de Giger, il donne une forme surréaliste aux Grands Anciens de Lovecraft.

A l’époque de Lovecraft, les dimensions de l’univers explosent grâce aux progrès de l’astronomie. Cela ne nous perturbe plus, nous, mais cette réalité est alors un choc pour beaucoup. Par ses Grands Anciens invisibles et indicibles, Lovecraft représente métaphoriquement l’infinité de l’univers et la petitesse humaine, et c’est pour cela que ses personnages, qui sont souvent des savants français ou anglais, deviennent fous quand ils sont confrontés à ces monstres.

Article « Avec « Alien », « H. R. Giger a rajouté à l’imaginaire lovecraftien une dimension sexuelle » » par William Audureau, lemonde.fr

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